Bâtisseur d’avenir: un mariage entre l’éducation et la construction

Marie Pier
Marie Pier Lécuyer
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Dans un contexte où le décrochage scolaire fait souvent les manchettes et où le milieu de la construction fait face à un manque de main-d’œuvre, un nouvel organisme voit le jour à Gatineau. Avec un projet social en trois volets, Bâtisseur d’avenir espère bien pouvoir jouer un rôle positif en lien avec ces enjeux.

Jean-Guy Sabourin, Cynthia Létourneau, Alexandre Iracà, Line Charette, Noël Charette et Julien Croteau.

Dès l’automne, le premier volet devrait voir le jour. La Caravane des bâtisseurs ira dans les cours de différentes écoles pour intéresser les jeunes aux métiers de la construction. «Dans leur temps libres, les jeunes pourront aller rencontrer les personnes qui sont à la caravane», explique Jean-Guy Sabourin, président.

Le deuxième volet sera un terrain d’aventure qui donnera l’opportunité aux jeunes et aux familles de bâtir tout en respectant la nature. Différant sur plusieurs points d’un parc de jeux typique, ce terrain permettra aux jeunes de bâtir quelque chose. Le projet existe en Scandinavie mais n’a pas encore été implanté en Amérique. «Prenons un boisé par exemple, dans lequel il n’y a pas de construction, explique M. Sabourin. On invite la population, les jeunes, à venir construire quelque chose dans ce boisé, dans le respect de la nature et du plan directeur du boisé.» Les gens pourront y bâtir une cabane, un pont, une tour et bien d’autres.

La troisième étape du projet sera un Centre des bâtisseurs, qui permettra aux jeunes d’aller plus loin dans l’intérêt aux métiers de la construction. Des structures plus complexes pourraient y être construites. D’ailleurs une première expérience sera réalisée durant l’été, même si le centre n’est pas encore construit. En partenariat avec le Relais des jeunes gatinois, un premier cabanon solide sera construit.

Pour le président, Jean-Guy Sabourin, il apparaissait opportun de mettre sur pied une telle organisation. Plusieurs éléments ont motivé les fondateurs à créer Bâtisseur d’avenir. Au niveau démographique, celui-ci soulève l’oisiveté où les quelques 3000 jeunes de niveau formation aux adultes qui seraient prêts à être stagiaires dans la construction, mais qui ne peuvent le faire, faute de carte de compétence.

Au niveau économique, le président rappelle la place importante du décrochage scolaire dans les médias, l’impression des parents que la formation professionnelle est pour les jeunes en difficulté ou bien le fait qu’un garçon sur trois fait de l’école buissonnière. Il rappelle aussi qu’à court terme, il y a un besoin pour 5000 emplois en Outaouais dans la construction, une des industries d’importances dans la région.

Avec la création de Bâtisseur d’avenir, il espère pouvoir contrer l’oisiveté et la sédentarité, valoriser les métiers de la construction et les jeunes aux talents manuels tout en prévenant le décrochage scolaire en innovant.

Le président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD) Julien Croteau, aussi membre du conseil d’administration, se réjouit d’un tel lancement. «J’ai toujours cru que l’éducation de nos jeunes se doit d’être un projet de société, et qu’il doit être supporté par d’autres acteurs que ceux du réseau public d’éducation», indique-t-il.

Dans un contexte où il y a un problème de persévérance scolaire et une pénurie de main-d’œuvre qualifié, en plus de préjugés défavorables à l’endroit de la viabilité des métiers de la formation professionnelle, Julien Croteau croit que Bâtisseur d’avenir pourra jouer un rôle positif.

De son côté, Alexandre Iracà, président de la Commission scolaire au Cœur-des-Vallées (CSCV), croit en l’importante que les commissions scolaires travaillent avec des partenaires comme Bâtisseur d’avenir. «C’est un projet exceptionnel, incroyable, affirme-t-il. Dans le fond c’est donner la fierté du travail à nos jeunes. Il est anormal qu’un jeune se retrouve prestataire de l’assistance-sociale en Outaouais avec le nombre d’emplois disponibles chez nous. (…) Il y a un besoin grandissant. Maintenant, il faut lui donner l’opportunité d’apprendre à aimer travailler, à être fier de se lever le matin pour aller gagner des sous en ayant un diplôme et un métier.»

Au cours des prochains mois, plusieurs étapes seront réalisées, dont une rencontre avec les trois syndicats de la construction et avec la CCQ et l’inauguration de la caravane dès l’automne

Organisations: Centre des bâtisseurs, Commission scolaire des Draveurs, Relais Commission scolaire au Cœur-des-Vallées CSCV CCQ

Lieux géographiques: Amérique

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