Renouer avec la fierté

Benoit Sabourin
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Les hockeyeurs de l’Outaouais qui ont réussi à mettre la main sur la précieuse Coupe Memorial ne courent pas les rues par centaines. C’est encore moins le cas pour la région de la Basse-Lièvre. Parlez-en à Michel Renaud. À 59 ans, ce bonhomme du secteur de Buckingham peut se targuer de porter à la main gauche une bague plutôt rare sur laquelle on peut lire «Royals de Cornwall – Champions 1972». Il y a 40 ans aujourd’hui, l’ancien attaquant soulevait le précieux trophée. Entrevue avec Michel Renaud, un homme qui a récemment renoué avec la fierté.

1.Quand vous regardez le tournoi de la Coupe Memorial à la télévision, quelle est la première chose qui vous vient en tête?

«L’excitation… Les souvenirs! Un paquet de souvenirs… "Memories"! On n’était pas quatre clubs dans le temps mais bien trois… Ça durait une semaine!»

2.Entre 1972 et 2012, qu’est-ce qui a selon vous le plus changé au niveau du hockey junior?

«La grosseur des joueurs et la vitesse… Les gars d’aujourd’hui sont en super forme! Pendant l’été, ils ont des horaires d’exercice! Dans le temps, on nous disait de nous arranger nous-mêmes pour être en forme pour la saison… Si tu n’étais pas en forme au début de la saison, tu payais pour!»

3.La Coupe Memorial représente l’un des trophées les plus difficiles à gagner au niveau du sport professionnel, selon la majorité des analystes. Que pensez-vous de cette affirmation?

«Tu as quatre clubs qui veulent la gagner… Les trois meilleurs clubs du Canada en plus de l’équipe hôtesse veulent absolument la gagner… Si tu remportes ce trophée-là, tu ne peux pas aller plus haut! C’est la crème de la crème.»

4.Quelle est la première qualité qu’une équipe championne doit posséder?

«Ça prend quatre bonnes lignes d’attaque et un bon gardien de but! Avec une bonne défensive… C’est le gardien qui t’amène là.»

5.Vous avez été récemment honoré lors d’une soirée spéciale avec votre famille et vos amis. Qu’est-ce que cela vous a fait?

«Ç’a été une surprise totale pour moi… J’étais très fier et content! Mes anciens amis du rond de glace étaient là… De voir ces gars-là, ma famille et mes anciens coachs… Ç’a m’a rendu fier et fort! Je suis un gars très émotif…»

6.Qu’est-ce que ça représentait à l’époque pour un petit gars du Québec de jouer pour les Royals de Cornwall?

«Je pense que tout le monde était fier et derrière moi… C’était bizarre parce que je ne savais pas parler un mot anglais. Beaucoup de monde a suivi mon cheminement! Je sentais la fierté des gens de Buckingham…»

7.Que répondez-vous à ceux qui n’osent pas rêver?

«J’ai toujours dit à mes enfants de ne jamais lâcher… Tout est atteignable! Il ne faut jamais arrêter de rêver parce que tu ne sais jamais ce qui peut arriver… Surtout dans le sport.»

8.Quel objet en lien avec cette conquête de 1972 apporteriez-vous à vos côtés dans votre cercueil?

«Probablement mon hockey… Ça rentre dans un cercueil. Ç’a été une grosse partie de ma vie…» (rires)

9.À quel point est-ce que ç’a été difficile pour vous de faire une croix sur une carrière de joueur d’hockey?

«Ç’a été difficile… Après 1972, j’ai joué un peu dans la Town League mais je n’ai jamais rejoué dans une vraie ligue… Les gens me mettaient au défi mais je n’avais plus rien à gagner… Ç’a pris du temps à me faire à l’idée que c’était terminé. Ça m’a pris au moins une quinzaine d’années avant de tourner la page… J’étais humilié et gêné de sortir! J’avais l’impression que tout le monde me regardait en se disant que je n’avais pas réussi. J’aurais aimé ça avoir un bon salaire… J’avais des plans pour mes parents… Ils étaient très précieux pour moi! Avec toutes les ressources d’aujourd’hui, je serais allé chercher de l’aide professionnelle pour m’en sortir…»

10.Quelle personne a eu le plus grand impact sur vous lors de votre jeunesse?

«Je pense que c’est ma famille! Mais avec mon frère Jean, qui est décédé, c’était spécial. S’il venait à Cornwall pour me voir jouer, je savais où il était dans la foule! Sa voix… Je le sentais! Il m’a suivi même s’il était occupé avec sa "business"! Mon petit frère Claude a aussi eu un impact! C’était mon partisan numéro un. Il a vraiment été important pour moi! C’est encore le cas aujourd’hui…»

11.Pour revenir un peu à aujourd’hui… Enfilez-vous les patins de temps à autre?

«Non… Je n’ai pas mis de patins depuis au moins une quinzaine d’années!»

12.Quelle est votre devise?

«Ne jamais lâcher, même dans les rêves les plus fous!»

13.Qu’est-ce que ça vous prend pour bien commencer la journée?

«Je ne suis pas un buveur de café! Je n’ai jamais pris une tasse de ma vie! Mais ça me prend mon journal… Un journal, c’est dur à battre. En plus, je suis un lève-tôt!»

14.Si on vous donnait le choix d’entrer dans la peau d’une célébrité l’instant d’une journée, qui choisiriez-vous de devenir?

«Un gars de mon âge! Sûrement Guy Lafleur… J’ai joué contre lui pendant deux ans quand il était pour les Remparts! Je trouve que c’est un bon gars!»

15.En quoi l’année 1972 a-t-elle eu une influence sur le reste de votre vie?

«Du leadership! C’est ce que j’ai le plus appris! J’ai travaillé pour mon frère Jean. Je suis devenu patron assez rapidement. Si j’ai appris quelque chose en 1972, c’est du leadership! En regardant mon capitaine, Bob Murray… C’était un leader et un fonceur!»

16.Qu’est-ce qui vous met mal à l’aise?

«L’hypocrisie. Quelqu’un d’hypocrite, je ne suis pas capable!»

17.Une odeur que vous détestez?

«La sueur ou la transpiration… Quelqu’un qui travaille, je comprends ça! Tu peux être nerveux et transpirer… Mais quelqu’un qui ne se lave pas…» (rires)

18.Quelle section du journal consultez-vous en premier?

«Je commence par les sports! Mais je commence un peu plus à lire les grands titres des deux ou trois premières pages! Je lis les grosses nouvelles et je retourne aux sports… Mais mon journal est pas mal toujours à l’envers sur la table. Surtout quand les Canadiens sont encore vivants…»

19.Qu’est-ce qui vous met les nerfs à vif?

«C’est quand je suis obligé de répéter… Par exemple, quand tu répètes quelque chose aux enfants ou à quelqu’un…»

20.Quel est votre côté quétaine?

«J’imite des gens ou j’essaie de parler comme des enfants… Il y a du monde qui trouve ça drôle mais ma femme trouve ça dépassé!» (rires)

21.Qu’est-ce vous reportez toujours à plus tard?

«Rien… J’ai eu un bon conseil de ma mère qui m’a dit de ne jamais rien remettre au lendemain! J’ai toujours appliqué ce conseil.»

22.Que pensez-vous du salaire des athlètes professionnels?

«C’est gros… Tant mieux pour eux… Est-ce qu’ils le méritent? Ils doivent en profiter… Il y a du bon monde là-dedans et je suis sûr qu’ils font des bonnes choses avec leur argent.»

23.Quelle est votre plus grande fierté personnelle?

«C’est d’être respectueux et honnête! J’essaie de toujours garder mon calme… Le respect, ça amène plusieurs belles qualités!»

24.Vin ou bière?

«Une bonne bière…»

25.Dans 10 ans, vous serez…

«Je serai dans un aréna en train d’encourager mon petit-fils!»

26.Votre voiture de rêve?

«Je pense que je l’ai déjà eu… J’ai eu une Corvette pendant trois ou quatre ans! C’est la seule auto que j’ai lavée à tous les jours…» (rires)

27.Qui gagnera la Coupe Stanley cette année?

«Les Kings devraient gagner! Ils sont surprenants. Ils sont gros, forts, rapides et frappent! En plus, ils sont disciplinés.»

28.Ce que vous aimeriez qu’on dise de vous?

«Que je suis comique et que je suis honnête.»

29.Quelle est votre dernière pensée avant de vous endormir?

«Je souhaite de la santé pour toute ma famille! J’espère que tout a bien été pour mes enfants pendant la journée…»

30.Pour vous, l’honneur c’est…

«C’est de garder ses bons amis! C’est un honneur d’avoir des vrais amis!»

31.Quelle est votre plus grande peur?

«La noirceur… Je n’aime pas dormir dans le noir!» (rires)

32.Quel film avez-vous regardé 50 fois?

«Je ne peux pas nommer les titres mais pas mal tous les films de Steven Seagal! Il est grand et fort… Je pourrais les regarder, film après film!»

33.Nous sommes samedi soir, vous n’avez rien de prévu. Que faites-vous?

«Je prends une bonne petite bière et je regarde ce qu’il y a en sports à la télévision! En même temps, je jase avec ma femme, Robin! On parle de nos enfants et de tout ce qui s’est passé pendant la semaine…»

34.Qu’est-ce que vous possédez de plus précieux?

«Trois choses: ma santé, ma famille et mes amis! Ma femme, mes quatre enfants et mes deux petits-enfants, c’est très précieux pour moi.»

35.Si vous pouviez vous faire tatouer quelque chose sur le cœur, ce serait?

«Je me ferais tatouer "comment te dire que je t’aime"… Ma femme et moi sommes mariés depuis 19 ans! Robin m’a appris à dire "je t’aime". Aujourd’hui, mon plus vieux habite aux États-Unis! À chaque fois qu’on se parle, je n’ai pas peur de lui dire que je l’aime! C’est une des plus belles choses de la vie que de dire qu’on s’aime!»

Organisations: Town League

Lieux géographiques: Canada, Québec, Buckingham États-Unis

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