L'exploitant du DMS de Cantley répond à la municipalité
Le propriétaire du Dépôt de matériaux secs de Cantley, Denzil Thom, a l'intention de poursuivre pour diffamation la municipalité et son maire, Steve Harris, car il soutient que l'air est pur à 97,3% et que si les citoyens ont des problèmes de santé depuis 2004, ce ne serait que pure coïncidence maintenant qu'il rencontre les exigences du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP).
«Je suis tanné, c'est le temps que la population de l'Outaouais connaisse l'autre côté de la médaille. Arrêtez de fesser sur l'exploitant, on est conforme aujourd'hui!», a lancé Denzil Thom, qui entend bien rouvrir le site fermé depuis l'an dernier en allant jusqu'en Cour supérieure s'il le faut. Il connaîtra le 1er août la décision du Tribunal administratif du Québec concernant sa demande d'appel de la décision de fermer le site.
«J'ai pris mes responsabilités, je rencontre les normes de l'environnement, et je suis fier de dire que la santé du public n'est pas en danger!», a-t-il ajouté concernant les derniers relevés des JEROME (capteurs de gaz) analysés par le ministère. Il soutient que l'air est bon, qu'aucune matière résiduelle n'est à découvert, que les odeurs ont disparu et qu'aucun déchet n'est nocif pour la nappe phréatique. «Des inspecteurs ont même dit que le ruisseau Blackburn est plus propre qu'il était avant!», de dire le porte-parole du DMS, André Guibord.
En ce qui à trait à la membrane censée recouvrir les hectares du dépotoir d'où pourraient s'échapper des gaz, M. Thom l'a achetée à l'automne et elle a été installée sur une partie du dépotoir. Mais une autre partie n'a pas été recouverte, comme l'ont remarqué les directeurs Léon Martin et Yves Labelle du MDDEP. La raison est que l'exploitant a demandé une dérogation au ministère pour relever le nivelé de la pente, dérogation dont il est encore en attente à cause des procédures judiciaires. L'hiver précoce a aussi coupé l'herbe sous le pied à Denzil Thom.
Le propriétaire de la Sablière du Golf (qui exploite les lieux depuis février), Dale Owen, a confirmé les dires de MM. Thom et Guibord en affirmant que ni lui ni ses employés n'avaient été incommodés par un gaz quelconque. «Rien ne se passe! On pourrait faire du camping, je sais pas… Il n'y a pas de déchets toxiques, d'oiseaux qui tombent du ciel…», a-t-il ironisé. M. Owen est au courant des événements passés concernant le DMS et même s'il sait que Denzil Thom a souvent été pointé du doigt par le ministère, rien ne lui fera quitter les lieux parce qu'il ne sent pas que sa santé est en danger.
Environnement sain?
Donc, pour M. Thom, si des citoyens ont des saignements de nez, des maux de tête ou ont vu leur animal de compagnie mourir depuis l'an dernier, il ne s'agit que de pures coïncidences. Surtout que des représentants du MDDEP sont venus analyser dernièrement la qualité de l'air autour des résidences des plaignants (dont le porte-parole du Comité dépotoir de Cantley Serge Galipeau) et que, selon André Guibord, ils ont eu l'impression "d'avoir perdu leur temps". «Le chien de Bob McClelland (représentant des citoyens lésés) est peut-être mort de sa belle mort», allègue André Guibord, qui avoue d'ailleurs consommer des produits que le citoyen cultive… sans être mort.
Ensuite, il a remis une copie aux médias d'une lettre de la directrice de Santé publique, Dre Lucie Lemieux, qui atteste qu'aucune trace de matières toxiques n'a été identifiée. «Avec les correctifs qui ont été apportés suite aux exigences du MDDEP, le contrôle par la captation et le traitement des biogaz réduisent suffisamment les émanations pour qu'elles ne constituent plus de nuisance significative pour le voisinage…», écrivait-elle notamment.
De plus, il a appris aux médias que le médecin-conseil en santé environnementale à l'Agence de santé, Robert Plante, avait envoyé le 14 mars 2005 une lettre à un des citoyens plaignants, Guy Legault, pour lui suggérer de déménager, les irritants respiratoires de l'air pouvant aggraver son état. M. Guibord prétend que ce ne sont pas les biogaz qui ont causé ses troubles, mais bien son passé de travailleur dans les mines de l'Ontario.
M. Guibord a aussi rappelé que le gouvernement avait débouté le recours collectif des citoyens de Cantley touchés soi-disant par les gaz tels que le sulfure d'hydrogène (H2S). «Ils ont eu une somme de 29 000$ de la part de ministère pour intenter des poursuites, mais le ministère a cessé de les financer, car il a jugé que leurs revendications n'étaient pas fondées. Ça en dit long…», conclut celui qui croit que le site étant fermé, les citoyens ne devraient pas frapper sur un homme déjà à terre qui respecte les normes…