Le directeur des opérations de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais, Marc Paquette, aux côtés de l’un des premiers véhicules que l’on peut apercevoir sur les lieux d’un accident de la route: une ambulance. (Photo: Daniel LeBlanc)
La vitesse au volant, une réalité que côtoient aussi les paramédics
On a tendance à l’oublier, mais les premiers à intervenir sur les lieux d’un accident de la route, que la cause soit la vitesse ou non, sont souvent les paramédics. Et, comme leurs collègues policiers, ils ne s’y habituent pas et se sentent très souvent impuissants devant de telles situations.
En entrevue avec La Revue, le directeur des opérations de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais, Marc Paquette, soutient que lui et les siens sont toujours un peu déçus que les gens ne comprennent pas encore les impacts de la vitesse au volant, malgré toute la sensibilisation effectuée à ce sujet.
«Je pense que la prévention fait beaucoup plus ses preuves que la répression. Tout part de la sensibilisation. Les messages publicitaires de la SAAQ (en lien avec la courtoisie sur la route, par exemple) ont toujours eu un impact intéressant», affirme M. Paquette, qui tient à rappeler que de détenir un permis de conduire n’a jamais été un droit, mais plutôt un privilège.
Sur les lieux d’un accident, les paramédics doivent travailler en quatrième vitesse, puisque le délai maximal qui leur est accordé est de dix minutes, afin de transporter les victimes le plus rapidement possible à un centre hospitalier. «Nous, ce qui nous tue, c’est le temps», allègue-t-il, ajoutant que la masse d’accidents routiers se concentre davantage dans les territoires ruraux, car les gens ont souvent tendance à peser plus à fond sur la pédale d’accélération dans ces environs.
Les conditions météo changent aussi quelque chose dans les journées des paramédics. Pourquoi? «Parce que plus il faut beau, plus on intervient pour des cas d’accidents. La question à se poser, c’est de savoir combien d’entre ceux-ci étaient évitables?», de dire M. Paquette, qui ajoute que les utilisateurs de la route ont souvent tendance à croire, à tort, que parce que la chaussée est belle et dégagée, tout ira pour le mieux. «À un feu de circulation, sauter une jaune, c’est rendu routinier, et beaucoup de gens se battent contre les feux rouges», ajoute-t-il.
À titre d’exemple, lors de la seule journée du 7 juillet (ciel dégagé, mercure à la hausse), des ambulances ont dû être dépêchées sur des lieux d’accidents à pas moins de 30 occasions sur le territoire que couvre la Coopérative des paramédics de l’Outaouais. En un an, entre le 1er avril 2007 et le 31 mars 2008, on a dénombré 1730 déplacements d’ambulances pour répondre à des appels 9-1-1 liés à des collisions routières.
Quand vient le temps de savoir qui roule vite, Marc Paquette croit que les jeunes sont peut-être plus téméraires que les autres au volant d’un véhicule, mais que certaines personnes âgées commencent également à représenter une problématique. «Les gens qui ont pris leurs cours de conduite il y a plusieurs décennies, je ne suis pas sûr qu’ils passeraient tous les examens de la SAAQ aujourd’hui», dit-il.
Marc Paquette lance aussi un vibrant message à la population en rappelant que ce n’est parce qu’on ne ressent aucune douleur ou qu’on n’a aucune blessure physique apparente, en cas d’accident routier, qu’il ne faut pas se rendre à l’hôpital. «Lorsqu’on arrive sur les lieux d’un accident, ce n’est pas parce que tout le monde est debout et jase que tout est correct. C’est important qu’on soit là, car il peut y avoir des cas de traumatisme crânien. Les enfants et les personnes âgées, entre autres, sont plus frêles», dit-il.
Malgré tous les chiffres qui peuvent sembler bien noirs, il faut toutefois noter que selon des statistiques révélées dans le document intitulé Plan directeur régional en traumatologie 2006-2009, le taux de blessés graves dans des accidents de la route est passé de 51% en 1992 à 8% en 2002.