Des melons carrés pour sortir du lot

Benoit Sabourin benoit.sabourin@tc.tc
Publié le 11 septembre 2012
François Biron a fait pousser quelques melons d’eau de forme carrée, question d’attirer l’attention sur son entreprise.
Benoit Sabourin

Tout les moyens sont bons pour se faire connaître. Parlez-en à François Biron, propriétaire de la ferme Chapeau Melon à L’Ange-Gardien, qui a décidé de créer des melons d’eau en forme de cube.

Les asiatiques, plus spécialement les Japonais, pratiquent cette technique qui permet d’économiser de l’espace de rangement. Parce qu’un melon carré est bien plus facile à empaqueter dans une boîte qu’un melon rond. François Biron s’est inspiré de l’idée pour présenter son produit. Il a conçu des boîtes cubes de plexiglas qui englobe le melon durant sa croissance.

«Comme on ne sait jamais jusqu’à quel point un melon va pousser, on ne peut jamais être certain du résultat quand le fruit est mûr, explique-t-il. J’ai fait semer 13 melons et seulement 4 d’entre eux ont donné un bon résultat.»

L’agronome de formation a lancé son entreprise en janvier 2012 grâce à la Plate-forme agricole de L’Ange-Gardien qui lui permet de démarrer ses affaires sans trop s’endetter. Son objectif n’est pas d’être reconnu pour la forme cubique de ses produits, soutient-il.

«C’est une sorte de leurre. L’idée, c’est qu’on parle de la ferme. Je fais le tour des marchés publics avec ça et les gens sont étonnés. Mais ma culture de signature, ce sont les melons d’eau sans pépin. La différence entre mon produit et les autres, c’est qu’il est cueilli quand il est mûr, ce qui veut dire qu’il est frais et prêt à manger tout de suite.»

Sans la Plate-forme agricole, M. Biron n’aurait jamais pu lancer son entreprise, reconnaît-il, puisqu’il n’a pas à faire l’achat d’une terre et à se soucier des taxes et des autres coûts faramineux engendrés généralement par ce type de projet d’entrepreneuriat. «La Plate-forme me permet de créer un marché et de développer mon expérience, note l’agronome. C’est un outil sans pareil pour la production maraîchère, qui est malheureusement en déclin dans la région.»

Avec l’âcre de terrain qu’il loue cette année, sa production annuelle devrait osciller entre 5000 et 7000 melons, cantaloups, melons d’eau, melons au miel et melons canari confondus. Il espérait pouvoir produire près de 15 000 unités en début d’année. «J’ai fait des erreurs de débutant, mais il y a aussi les insectes et la température qui ont joué un rôle. L’hiver doux et le printemps chaud hâtif n’ont pas aidé.»

Le nouveau producteur souhaite acheter une terre dans la région. Il compte également se lancer dans la production de maïs et de pois sucrés pour l’an prochain.