S.O.S., une plaidoirie pour l'abeille!

Chronique environnementale Vert l'avenir

Publié le 7 décembre 2016

Le verdict est tombé: l'abeille, classée espèce en voie de disparition. Depuis des années qu'on en parle, on a attendu d'en être arrivé là.

Un texte de Lise Perreault

 

Ça me chagrine. Pauvre petite bestiole. Si laborieuse. Si bien organisée, tellement mieux que nous en terme de société. Elle, maintenant traitée sans considération, n'a cessé de relancer la vie des végétaux. Depuis 50 millions d’années. Elle a donné miel, gelée royale, n'a été que bienfait, et ce passé me crève le cœur. On pourra bien rire de moi, mais ça me serre la gorge… Petite bestiole qui œuvre sans relâche, inestimable merveille de la création. Oui, elle est encore là, mais qui a vu les montagnes d'abeilles mortes à La semaine verte (Radio-Canada) a bien vu une hécatombe.

De quoi est-elle coupable pour être condamnée sur la pyramide de néonicotinoïdes utilisés sur 500 000 hectares au Québec? Ce pesticide, dont l'usage comme traitement de semence a pourtant été jugé injustifié et abusif, est meurtrier pour l'abeille. Du reste, celle-ci, armée d'un unique gène de détoxification, est très sensible aux polluants chimiques. Sophistiqué micro-baromètre de toxicité, l'abeille serait une sorte de vaillante sentinelle de l'air. Et on l'empoisonne, et pas qu'aux néonicotinoïdes. De quoi est-elle coupable? De ne pas suffire à faire pousser des oh! et des ah! comme on le fait à chaque nouvelle prouesse de nos gadgets intelligents! Nos productions sont le nombril de notre monde. Cette façon d'envisager les choses est d'une nullité navrante. Nous nous retrouverons bien bêtes sans l'abeille, car l'agriculture est tributaire de l'irremplaçable, l'experte polinisatrice. Elle a survécu jusqu'à nous avec une égale fidélité, une égale régularité dans son travail, sa générosité, ses dons… tellement qu'on ne réalise plus qu'elle, raffinée à butiner une fleur et pousser le prodige jusqu'à produire des tonnes de miel, a survécu jusqu'à notre ère de fous qui détruit tout.

Puisque, de toute évidence, on privilégie les poisons, on est en train de venir à bout de cette infatigable: d'espèce vulnérable, elle passe maintenant le seuil de l'extinction. Pourtant les environnementalistes sonnent l'alarme depuis 20 ans. Plaidons avec eux, prêtons-leur main-forte. Leurs sites Web regorgent de suggestions de mesures applicables, d'actes participatifs de notre part qui peuvent encore la sauver!

L’auteure s'improvise, en 2010, militante contre les gaz de schiste à l'instar de nombreux citoyens qui partagent une vision verte de l'avenir.

©Gracieuseté