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20 Février 2018

Antony Da Silva-Casimiro - adasilvacasimiro@lexismedia.ca

De roue de secours à gardien partant

Le parcours inspirant d'Alexandre Labrèche

©Photo gracieuseté - Guy Deschênes

JUNIOR AAA. «C'est un peu fou comme saison», admet Alexandre Labrèche, qui ne revient toujours pas du chemin parcouru en si peu de temps. Devenu un élément indispensable à la formation buckinoise, le gardien de 19 ans pensait arrêter le hockey il n'y a pas si longtemps. 

Le mot «fou» peut convenir à ce récit. L'histoire de l'athlète franco-ontarien, qui a passé une partie de sa vie à Hull, est tout sauf banale. Après avoir été libéré par son équipe à Ottawa et puis retranché pour une deuxième année au camp des Flames, Labrèche se retrouve sans club.

Depuis ses débuts dans le junior, il a toujours eu à se dénicher une équipe. Il s'est même remis en question: doit-il lâcher ou continuer à pousser pour se faire une niche?

Labrèche a pris la deuxième option, envoyant un courriel aux troupes juniors au pays. Une seule lui a répondu. C'était pour un poste de troisième gardien… à Kingston. Il devait donc faire deux heures de route, aller-retour, pour pratiquer avec l'équipe. Il effectuait le trajet trois fois par semaine.

«Un moment donné, Luc-André (Mauzeroll, le directeur général des Flames) a entendu parler de ça. Il m'a invité à m'entraîner avec l'équipe, d'être leur troisième gardien de but. Il a fait ça pour m'éviter de toujours devoir aller à Kingston, juste pour pratiquer.»

L'offre du manitou gatinois était simple: pas de temps de jeu promis, mais si une opportunité se présentait, Labrèche serait appelé en renfort.

Et c'est ce qui s'est produit lorsque les deux cerbères des Flames se sont blessés. L'athlète de 6'1 et 180 lbs a donc défendu la cage à quelques reprises, se débrouillant pas mal devant le filet. En fait, il prenait de plus en plus sa place comme étant un gardien qui avait le niveau junior AAA.

Mathieu Marquis a signé un contrat avec les Foreurs de Val-d'Or dans la LHJMQ, Charles-Olivier Rancourt a quitté l'équipe pour se concentrer sur ses études. Labrèche s'est donc retrouvé dans le siège du gardien partant.

«J'ai été chanceux dans la malchance des autres. Si Rancourt et Marquis ne s'étaient pas blessés, je n'aurais pas pu jouer. J'ai aussi une bonne équipe en avant de moi. Et le personnel d'entraîneurs des gardiens a fait une différence. Quand je suis arrivé ici, je n'étais pas habitué au rythme.»

Parcours sinueux

Alexandre Labrèche ne l'a pas eu facile. À ses années midget AAA en Ontario, il s'est blessé chaque saison. Après neuf parties, il a cassé sa cheville lorsqu'il jouait avec les Sénateurs d'Ottawa midget AAA – année où son club n'a perdu aucun match – et la campagne suivante avec Hawkesbury, il s'est cassé un doigt, ratant plusieurs rencontres.

Mais il n'a jamais arrêté. «C'est un peu ma signature. Je n'abandonne jamais. Ici, les entraîneurs m'ont fait confiance. J'aurais pu arrêter, mais le hockey, y'a juste ça que je connais.»

L'hiver, le résident à Orléans défend les buts. L'été, il se transforme en entraîneur des gardiens à l'AMPED, une école de hockey gérée par Andrew Mercer. Cet instructeur de portiers a œuvré avec des hommes masqués comme Mike Condon, Scott Darling et d'autres évoluant dans le circuit universitaire américain.

Excluant les membres de sa famille, Labrèche est reconnaissant envers le d.g. des Flames et Mercer. Ce dernier a eu son mot à dire lorsque le principal intéressé s'est remis en question.

«Il m'a dit de continuer de pousser, que j'avais le talent, mais que je n'avais juste pas été chanceux. J'ai toujours passé sous le radar. C'est toujours moi qui a dû contacter les équipes. Avant que Kingston me fasse signe, Andrew essayait de me trouver des clubs aux États-Unis. J'avais même reçu une offre pour jouer en Turquie.»

Ce fils d'une mère irakienne et d'un père franco-canadien rêve un jour de porter les couleurs dans la NCAA. Il a même refusé certaines offres junior majeur afin de préserver son éligibilité pour les rangs américains. Il devra peut-être faire un court séjour sur les bancs d'école avant de pouvoir y parvenir, mais dans le meilleur des mondes, il irait s'établir dans le pays de l'oncle Sam à l'automne 2019.

Mais juste avant, ce sera de donner un championnat aux Flames de Gatineau.

«Il y a une certaine pression. L'équipe est mûre et peut gagner. Je nous ai vus jouer contre (les Cobras de) Terrebonne. On est capable de gagner contre n'importe qui. On a une excellente chimie. C'est ça notre force principale», a-t-il conclu, se disant prêt à relever le défi.

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