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29 octobre 2019

Yannick Boursier - yboursier@lexismedia.ca

Accident de travail: penser à l’impact sur les autres

Jonathan Plante souhaite sensibiliser les jeunes

Jonathan Plante

©Le Bulletin-Yannick Boursier

Un accident de travail, ça change une vie… pas tout à fait. Un accident de travail, ça change de nombreuses vies et c’est ce que tente de véhiculer Jonathan Plante avec ses conférences avec la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail.

Ce dernier était de passage à l’école secondaire Hormisdas-Gamelin la semaine dernière pour présenter sa conférence devant les jeunes de la formation professionnelle. Il est bien placé pour parler de l’impact d’un accident de travail puisqu’il se retrouve en fauteuil roulant depuis le jour où il a fait une chute de deux étages sur un chantier de construction.

«Je leur raconte mon histoire comme j’aurais aimé me la faire rencontrer avant l’accident, explique-t-il. Je n’ai pas la prétention que les 150 personnes qui vont m’entendre aujourd’hui, je vais leur sauver la vie. Mais c’est juste leur allumer des petites lumières.»

Ces petites lumières, c’est simplement de les amener à penser aux conséquences avant d’agir. Pas seulement pour soi, mais aussi pour les autres. «C’est ce bout-là qui est le plus dur à gérer, indique-t-il. Moi j’ai voulu sauver 10 minutes ce matin-là en ne faisant pas de rampes. Ce petit 10 minutes-là que j’ai voulu sauver, chaque jour je paye pour et je fais payer beaucoup de gens pour ça aussi.»

«Il a fallu réorganiser notre vie, ajoute-t-il. Je dis notre vie parce que ma conjointe, ça a changé autant sa vie que la mienne.»

Pourtant, il aurait fallu quelques secondes de plus pour éviter cette situation.«Je ne dis pas aux gens de prendre une heure pour évaluer leur environnement. Mais quelques secondes peuvent sauver un paquet de tracas pour bien des personnes.»

«Il a fallu réorganiser notre vie. Je dis notre vie parce que ma conjointe, ça a changé autant sa vie que la mienne.» Jonathan Plante

Jonathan Plante raconte l'accident

Génération plus prudente

Pour Jonathan Plante, c’est important de faire cette conférence devant des jeunes qui ne sont pas encore sur le marché du travail. «Ils vont amorcer une nouvelle carrière. Et souvent c’est là qu’on est à risque. Quand on ne connaît pas notre environnement des fois on est gêné, on ne veut pas s’imposer, on a peur de lever la main. Moi je veux que ces jeunes-là prennent le temps de lever la main, de poser les mains. Ce n’est pas niaiseux poser des questions. Ce qui est niaiseux, c’est être assis là-dedans (son fauteuil). Je peux le confirmer.»

Il estime toutefois que les jeunes d’aujourd’hui semblent être moins enclins à prendre des risques, ce qui est bon signe. «Ils sont pas mal plus vite que je l’étais à leur âge. Ils sont pas mal plus sensibles à la santé et sécurité que je pouvais l’être dans ce temps-là. Parce que ça a évolué, on en parle plus. Je pense que ces jeunes-là font partie de la solution.»

«La nouvelle génération n’est pas prête à sacrifier un bras pour une job qui presse. La conciliation travail-famille ou travail-vie sociale est plus importante qu’il y a 30 ans et ça, il faut s’en servir.»

Texto au volant

La conférence de Jonathan Plante traite en particulier des accidents de travail, mais les conseils qu’ils donnent vont beaucoup plus loin, indique-t-il. C’est dans la vie de tous les jours que les gens doivent apprendre à évaluer les risques et penser aux conséquences, non seulement sur eux, mais sur les autres aussi.

«C’est quoi les vraies raisons qui font en sorte qu’on devrait suivre les procédures, poser les questions ? C’est la famille, les amis, les activités le soir. C’est la vie dans le fond.»

«Ça va au-delà du travail. C’est dans notre quotidien. Les textos en voiture. Il n’y a pas personne qui peut me dire qu’il n’a pas regardé son cellulaire pendant qu’il est en voiture. Ce sont des petits gestes. Il ne faut pas essayer de changer le monde en 15 minutes. On va faire une dépression collective. Mais il faut faire des petits gestes chaque jour.»

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