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Un roman jeunesse qui s’intéresse à la réalité des enfants transgenres


Publié le 6 décembre 2017

©Photo Gracieuseté

Quand Mariette Théberge a décidé de se lancer dans l’écriture d’un roman jeunesse, elle avait en tête d’aborder quelque chose qui la bouleversait dans la société. Et c’est la réalité des enfants transgenres qui s’est imposée pour devenir le point central de cet ouvrage destiné à un jeune public.

Mon frère est une fille est le fruit de cette réflexion et de ce désir d’aborder la problématique de ces enfants, nés garçon ou fille, qui doivent s’inscrire à l’école selon le sexe de leur corps.

Le premier roman jeunesse de Mariette Théberge s’intéresse donc à un sujet jamais abordé dans un roman destiné à un public de cet âge.  L’enseignante à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, a toujours aimé prendre la plume. «J’ai toujours été passionné d’écriture, ça a toujours fait partie de ma vie», lance-t-elle. Mais d’écrire pour un jeune public était une nouveauté.

Voulant revenir à cette passion qui l’animait, elle a décidé de suivre un atelier d’écriture avec Michel Lavoie. Elle s’est ensuite questionnée sur ce qui l’intéressait pour border une histoire. Le sujet s’est imposé.  «Je me suis demandé ce qui me bouleversait dans la société, explique l’auteure. «J’enseigne en éducation, je suis consciente du choc qu’ils vivent quand ils arrivent à l’école. Le système scolaire est très normatif même s’il se veut accueillant.»

Dès les premières phrases du roman, on sait d’entrée de jeu qu’Oli, malgré son corps de garçon, se sent comme une fille. D’ailleurs, lors de l’exercice d’écriture, du moment qu’on apprend qu’Oli est une fille, l’auteure en parle au féminin. «Ça fait partie de la démarche. Je le fais aussi en pensant à tous ses enfants qui entrent à l’école, même s’ils ne sont pas nombreux.»

Un jour que la grande sœur d’Oli, Marjorie, arrive à la garderie, celui-ci est habillé en princesse et estime que la robe magique l’a libérée. À ce moment, il ne veut plus jouer à être un garçon. «Le personne d’Oli a très bien été acceptée. Mais à l’école, il se rend compte que le regard des autres change quelque chose», note l’auteure. (…) Tout ce que veut Oli, c’est d’être aimé et accepté comme il est.»

Le personnage de Marjorie, la grande sœur d’Oli, aura un rôle important à jouer. «Elle se sent une responsabilité vis-à-vis de lui. Elle a peur qu’il ne soit pas accepté tel qu’il est.»

Elle est reconnaissante à la maison d’édition Vents d’Ouest qui s’est lancée dans l’aventure à ces côtés «Je l’ai écrit, car je voulais me donner un défi», détaille-t-elle.

Elle espère que son livre pourra susciter des échanges et des discussions sur le sujet.

Chose certaine, elle exploite désormais à fond sa passion et a d’autres projets d’écriture en cours.